Table des matières
- Ce qui devait changer en septembre
- Pourquoi la mesure a-t-elle été censurée ?
- Est-ce l'Europe qui a censuré la mesure ?
- La vérification de l'âge peut-elle réellement fonctionner ?
- Utiliser une pièce d'identité ?
- Estimer l'âge avec une photo ?
- Aucun système n'est totalement infaillible
- Que va-t-il se passer en septembre ?
- Conclusion
Il y a quelques semaines, nous vous présentions sur SysNetTuto la nouvelle mesure visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec une première application prévue à partir de septembre 2026.
Mais la situation vient de changer.
Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition principale qui devait instaurer cette interdiction.
Vous n'avez pas suivi le début de cette actualité ? Retrouvez notre précédent article :
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : ce qui change à partir de septembre 2026
Alors, pourquoi cette mesure a-t-elle été censurée et qu'est-ce que cela change pour la rentrée ?
Ce qui devait changer en septembre
Le 21 juillet 2026, le Parlement avait définitivement adopté la proposition de loi visant à renforcer la protection des mineurs sur les réseaux sociaux.
Le texte prévoyait notamment d'interdire l'accès à certains réseaux sociaux aux utilisateurs âgés de moins de 15 ans.
Une première mise en application était prévue à partir de septembre 2026.
Mais pour faire respecter une telle interdiction, une difficulté technique apparaît immédiatement :
comment savoir qu'un utilisateur a réellement plus de 15 ans ?
Pourquoi la mesure a-t-elle été censurée ?
Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition concernant l'interdiction générale des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
L'un des enjeux du dispositif concernait la vérification de l'âge des utilisateurs.
Pour bloquer les moins de 15 ans, il faudrait en pratique être capable de distinguer les utilisateurs autorisés des utilisateurs trop jeunes.

Cette vérification pourrait donc également concerner les adultes, qui devraient être en mesure de démontrer qu'ils ont l'âge requis.
Le Conseil constitutionnel a considéré que le dispositif ne comportait pas suffisamment de garanties et portait une atteinte à la liberté de communication.
Est-ce l'Europe qui a censuré la mesure ?
Non. Il est important de distinguer deux choses.
La décision du 14 août 2026 vient du Conseil constitutionnel français, et non de l'Union européenne.
L'Union européenne était cependant déjà intervenue dans le dossier. Certaines dispositions du projet avaient dû être retravaillées pour respecter le cadre juridique européen, notamment le Digital Services Act (DSA).
La censure dont il est question aujourd'hui est donc bien une décision française.
La vérification de l'âge peut-elle réellement fonctionner ?
C'est ici que le sujet devient particulièrement intéressant d'un point de vue informatique.
Une simple date de naissance est évidemment très facile à contourner.
Un jeune de 13 ans peut simplement déclarer :
Date de naissance : 01/01/2007
Mais des systèmes de vérification plus avancés ne rendent pas nécessairement le contrôle infaillible.
Utiliser une pièce d'identité ?
Une plateforme pourrait demander une carte d'identité ou passer par un service chargé de vérifier l'âge.
Cela permettrait d'obtenir une information beaucoup plus fiable qu'une simple date déclarée.
Mais un autre problème apparaît : la personne ayant fait vérifier son identité est-elle forcément celle qui utilisera ensuite le compte ?
Un compte ou un appareil peut être utilisé par une autre personne.
La vérification de l'identité à un instant précis ne garantit donc pas nécessairement qui se trouve derrière l'écran plusieurs jours ou plusieurs mois plus tard.
Estimer l'âge avec une photo ?
Une autre possibilité consiste à utiliser des technologies capables d'estimer l'âge à partir d'une photo ou d'une vidéo.
Mais il s'agit d'une estimation, et non d'une preuve absolue.
Le système peut se tromper et il faut également prendre en compte les tentatives de contournement.
Aucun système n'est totalement infaillible
C'est l'une des principales limites de ce type de dispositif.
Plus le contrôle est simple, plus il risque d'être facile à contourner.
Mais plus le contrôle devient strict, plus il peut devenir intrusif.
On arrive alors à un véritable dilemme :

Demander une pièce d'identité, utiliser une identité numérique ou mettre en place une analyse automatisée peut améliorer la vérification.
Mais ces solutions soulèvent également des questions concernant la vie privée, la sécurité et la collecte des données personnelles.
Il n'existe donc pas de solution technique parfaite permettant de garantir à 100 % l'âge réel de chaque personne derrière un écran sans imposer de contraintes supplémentaires.
Que va-t-il se passer en septembre ?
C'est le principal changement par rapport à notre précédent article.
L'interdiction générale prévue pour les moins de 15 ans ne pourra pas entrer en vigueur en septembre 2026 sous la forme qui avait été adoptée.
Les jeunes de moins de 15 ans ne vont donc pas automatiquement perdre leur accès à leurs réseaux sociaux en septembre en raison de cette disposition.
Cela ne signifie cependant pas que le débat est terminé.
Un nouveau dispositif pourrait être proposé avec davantage de garanties et un autre mécanisme de vérification.
Conclusion
En quelques semaines, la situation a donc complètement évolué.
Le 21 juillet 2026, le Parlement adoptait définitivement le texte prévoyant notamment l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition avant son entrée en vigueur.
Au-delà du débat juridique, cette affaire met en évidence un problème technique beaucoup plus difficile qu'il n'y paraît.
Comment vérifier efficacement l'âge d'une personne sur Internet sans mettre en place un système trop intrusif pour l'ensemble des utilisateurs ?
Une simple date de naissance peut être falsifiée. Une estimation de l'âge peut se tromper. Une identité vérifiée peut être utilisée pour créer un compte ensuite accessible à quelqu'un d'autre.
Renforcer fortement les contrôles pourrait, à l'inverse, nécessiter davantage de données personnelles.
La question reste donc ouverte : jusqu'où faut-il aller dans la vérification de l'âge pour protéger les mineurs, alors qu'aucun système n'est totalement impossible à contourner ?
Pour comprendre ce qui devait initialement entrer en vigueur à partir de septembre 2026, retrouvez notre précédent article :
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : ce qui change à partir de septembre 2026
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